Archives mensuelles : décembre 2017

La Sainte Trinité

Si vous baisez l’après-midi dans une église de campagne, ne vous lavez pas le cul dans le bénitier. Loin de purifier votre péché, vous l’aggraveriez au contraire.

C’était à la fin du mois d’Avril. Nombreux sont ceux qui m’avait traitée de folle pourtant c’était la vie que la société nous impose qui me semblait dingue : le “métro-boulot-dodo” et le culte de la consommation me pesaient de plus en plus. La servitude volontaire me paraissait n’avoir jamais été autant d’actualité. Alors j’avais démissionné de mon poste, pourtant bien rémunéré, pour redevenir maître de moi-même quitte à être esclave de mon autonomie. Sac sur le dos, orné d’un pendentif en porcelaine du traditionnel symbole de ce pèlerinage, je partais pour rejoindre Saint-Jacques-de-Compostelle. Les mille huit cents kilomètres qui me séparaient de ma destination me donneraient suffisamment de temps pour me retrouver. J’affrontais la pluie, le froid, les ampoules et le découragement mais j’avançais, un pas après l’autre, sur la voie de l’introspection. Je marchais, parfois durant un jour ou deux, avec d’autres pèlerins mais le chemin appelle à la solitude et c’était sans mot dire mais avec consentement mutuel que nos routes se séparaient. J’étais à mi-parcours lorsque je rencontrais ceux qui deviendraient le symbole de mon cheminement : la Sainte Trinité.

Ce jour-là, il faisait un soleil de plomb. J’étais seule depuis plusieurs jours. Les coquilles Saint-Jacques qui pendouillaient à leur sac ne laissaient aucun doute sur le statut de Jaquet du groupe de trois que je voyais devant moi. Ils marchaient d’un pas lent quand l’un d’eux s’arrêta à l’ombre d’un grand chêne et déposa son sac au sol. Les autres l’imitèrent. J’arrivais à leur hauteur quand on m’interpella.

—Oye, oye gente dame ! Arrêtez-vous pour casser la croute avec nous, humbles serviteurs.

La tournure de la phrase me fit sourire et les magnétiques yeux malachites de mon interlocuteur achevèrent de me convaincre d’accepter. Et c’est en partageant nos denrées que nous fîmes connaissance.

—Je te présente Mandarin, grand professeur d’université et accessoirement fan de golf.

Il inclina la tête et je lui répondis par le même mouvement.

—Voici Babebine.

—Pourquoi Babebine? Demandais-je.

Celui-ci déclama :

“Cheveux noirs, lèvres écarlates,
Que de couleurs sur lapalette
de votre visage insolite !
Mais je vous ai connue palotte,
Et c’est alors que vous me plûtes “

Je m’esclaffais.

—C’est de toi Monsieur le poète ?

—Non c’est de Jean Nohain.

Je tournais la tête vers le dernier du trio.

—Et toi ?

—Moi je suis le Ménestrel parce que je chante la vie. A qui avons-nous honneur ? Poursuivit-il en faisant un clin d’oeil qui me fit fondre.

—Je suis la Vierge, dis-je sur le ton de la plaisanterie, me pliant à la dénomination par un surnom.

—Quelle fine équipe nous formons ! Un savant, un poète, un chanteur et une Sainte. Trinquons mes amis, trinquons !

Et nos gourdes s’entrechoquaient.

Nous avions tous les quatre l’objectif d’arriver à Neuvy-Saint-Sépulchre dans la journée aussi nous avons repris la route ensemble. Une petite brise nous apportait une fraicheur salvatrice. Nous transpirions à grosse gouttes sous le soleil qui était maintenant au zénith. J’apprenais qu’ils étaient partis du Puy avec l’objectif d’aller le plus loin possible durant les quinze jours qu’ils s’octroyaient. Babebine allait se marier et ils avaient envie de resserrer les liens d’amitié qui les unissaient depuis des années avant que celui-ci ne se retrouve “séquestré par sa blonde” avait dit le Ménestrel. Si ma démarche était de me retrouver Moi, la leur était de se retrouver Eux et finalement nous nous découvrions Nous. Mandarin était le plus discret des trois. Il souriait aux blagues de ses amis ou se contentait d’acquiescer. Nous discutions de tout et de rien et le temps passa bien vite. C’est en milieu d’après-midi que nous arrivâmes à notre étape du jour. Nous options pour un hébergement en chambre d’hôte, n’étant pas équipés pour le camping et trouvant l’hôtel en contradiction avec notre démarche, le choix était restreint.

Une fois installée dans ma chambre, je redécouvrais le bonheur quotidien d’enlever mes chaussures après plusieurs heures de marche. Je savourais la douche qui emportait les sels de ma transpiration et les poussières des sentiers. J’enfilais simplement un tee-shirt, un pantalon en lin et des sandales avant de retrouver mes compères du jour. C’est à la terrasse d’un café que nous buvions des bières bien fraiches qui venaient récompenser nos efforts. C’est gais que nous prîmes la direction de la basilique, édifice incontournable classée par l’Unesco. La fraicheur habituelle des églises me donna la chair de poule. Nous étions seuls et nous découvrions en toute tranquillité l’édifice, ses colonnes, ses ornements. Un catafalque était placé au centre de la rotonde. Je m’approchai et glissai mes mains sur la pierre lisse. Babebine et Ménestrel me rejoignirent et se placèrent de chaque côté de moi. Mandarin prenait des photos. Je sentis une main se poser sur mes fesses, je ne bougeais pas et la laissais se balader librement. Le visage de Ménestrel s’approcha du mien et il déposa ses lèvres sur mes joues. Je tournais davantage la tête pour trouver sa bouche, il m’enserra entre ses bras tout en m’embrassant. Je frissonnais de plaisir. Je déduisis que c’était Babebine qui me caressait maintenant l’intérieur des cuisses. Je me laissais aller aux quatre mains et m’abandonnais aux deux langues qui parcouraient ma peau. Mon pantalon se retrouva rapidement au sol et j’écartais les cuisses, offrant mes orifices aux deux hommes accroupis devant et derrière moi. J’étalais ma poitrine sur le catafalque et fermais les yeux. C’est la douceur d’un gland sur mes lèvres qui me fit les rouvrir. Mandarin nous avait rejoint et, à genoux sur l’estrade funéraire, il me présentait sa verge dure. Je me mis à le sucer, avec réserve. Il prit mes seins dans ses mains et les pétrissait tout en faisant rouler mes tétons déjà durcis par le contact avec le marbre froid. Des doigts pénétraient mon con, d’autres mon cul. J’avalais alors goulument la queue que je n’avais jusque là qu’explorée. C’est un autre sexe qui s’enfonça dans mon anus. Je gémis de plaisir, abandonnant temporairement ma fellation avant de goûter à un autre phallus. C’était une expérience mystique. Je ne savais pas qui me prenait mais j’étais crucifiée, la bouche, le cul, le con recevant à tour de rôle les queues de mes amis du jour, parfois toutes en même temps. Je me laissais emporter par la petite mort sur le support destiné à accueillir les cercueils. Nous poursuivions nos caresses mutuelles lorsque nous entendîmes la lourde porte s’ouvrir. Un groupe de touriste entrait. Cela nous stoppa net et c’est derrière l’une des colonnes que je me rhabillais, honteuse de sentir ma mouille couler tout en essuyant le foutre au coin de mes lèvres.

Le trio m’attendait dehors, eux aussi un peu hontoyés par ce qui venait de se passer. Mais nos quatre sourires et la lueur qui brillait au fond de nos yeux témoignaient du délice de notre péché.

Nous avons mangé sans reparler de nos ébats, comme si de rien n’était. C’est en nous disant à demain que nous nous sommes couchés.

Je me suis levée à l’aube et suis partie sans leur dire au-revoir. J’ai juste confié un mot à la tenante du gîte.

“ Cette célébration de la Sainte Trinité restera à jamais gravée en moi. Je ne suis pas encore arrivée au bout du chemin mais grâce à vous je ne suis déjà plus la même. Merci. Soyez bénis !

La Sainte Vierge. “

Popins

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