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Le doux matin

Devoirs envers Dieu

Admirez la bonté de Dieu qui donne à chaque petite fille un con pour y plonger toutes les pines du monde, et qui, pour varier vos plaisirs, vous permet de remplacer la pine par la langue, la langue par le doigt, le con par le cul, et le cul par la bouche.


Il y a ces matins où tu me réveilles. Je dors plus tard que toi, plus profondément, j’ai finalement réussi à faire fi des bruits, sirènes d’ambulances et éclats de voix. Tu te lèves, un café, un regard par la fenêtre, peut-être vérifier que les pigeons sont toujours là. Quand tu reviens dans la chambre, mon sommeil s’ébroue à ton poids sur le lit. Cheveux en bataille, chemise déboutonnée, je cherche ton corps. C’est à ce moment-là que tu décides, à la courbure de mes paupières, à ma respiration, si je dors ou fais semblant.

Si je joue avec toi.

C’est le drap qui se froisse sous mon ventre que j’entends d’abord, à mesure que tu écartes mes chevilles. Tes doigts remontent mes cuisses, insistent pour y trouver la chaleur que ta barbe qui frotte et gratte réveille déjà sous ma peau.

La pointe de ta langue qui me réveille tout à fait.

Mon dos qui se cambre.

Le matin doux.

Hier soir, tu es arrivé chez moi avec un air de conspirateur : ton sac déposé dans l’entrée, tu as joué au mystérieux toute la soirée. Grignotant le repas au milieu des livres étalés, jouant à faire durer la conversation sur des sujets importants mais ô combien ineptes quand on est face à face. La musique douce, mes trépignements de gamine, rien n’y a fait. Tu es bien plus gamin que moi en réalité. Sous la douche, les jeux de langues et de doigts, mais tout pour éviter de me prendre… tu m’as laissée pantelante, furieuse, prête à sauter sur n’importe quel prétexte pour une dispute… Je suis la Frustration, lèvres entrouvertes et humides, le souffle court et le regard noir.

Ton sourire en coin me hérisse.

Je te hais à ce moment-là.

Et je m’endors, excitée et dépossédée tout à la fois.

Le petit matin est là, à nouveau, je l’entends roucouler, klaxonner. Mais ce petit matin-là est différent : à peine levé, tu reviens déjà. J’ouvre un œil… et le referme aussitôt. Tu n’auras rien de moi, rien. Pas un gémissement, pas un murmure, pas un de ces oui essoufflés qui peuplent les livres et les films, de celles qui remercient leur amant pour une médiocre caresse. Rien du tout : j’ai ma fierté.

C’est ton pouce qui commence le jeu des à-coups.

Paume pressée sur mon ventre, il glisse sur les chairs vives avant de remonter au faîte du plaisir. Ton autre main déjà passe sous mes fesses, les rehausse pour m’amener à tes lèvres. Cambrée, oui, parce que ça c’est différent, ça, ça ne compte pas… je suis toujours en colère mais…

La langue qui longe et qui lape, les lèvres qui happent et la langue qui plonge.

Tes deux mains sous mes fesses maintenant.

Le Calice offert auquel tu bois.

Tes lèvres appuient, attisent mon clitoris, tu le dévores et le mords et ton souffle l’incendie. Je te sens étendre le bras, saisir quelque chose au pied du lit, mais déjà tu redoubles d’exigence avec tes doigts qui m’ouvrent doucement, puis écartent fort les chairs à vif de ma chatte qui te veut… Laisse-toi faire, me dis-tu. Au bord de moi je sens tes doigts et quelque chose de plus rond, plus gros. Doux et dur et tiède, mais ce n’est pas toi. Je fronce les sourcils mais, trop avide, je me cambre plus encore… A petits coups de langue précis, tu m’arraches un gémissement.

Mes mains maintenant sous mes fesses.

Prisonnière volontaire toute à toi.

Alors tu l’enfonces. Le gode est frais, rien à voir avec la sensation qu’un sexe procure mais… c’est doux, rassurant même. Mille pensées me passent par la têteinaccessibles : défilent devant moi une gamme de sextoys dont je ne savais pas avoir retenu la forme… je m’étonne de la taille, plus petite que celle que j’aurais choisie sans doute… je m’interroge sur la couleur… où et quand as-tu bien pu trouver le temps de te procurer ça… Mais entre mes ondulations et tes lèvres qui m’aspirent, à aucun moment je ne me demande pourquoi… Je vais jouir tu le sais, tu me connais, il me suffit de quelques coups de langue et une chatte doucement écartelée pour agripper le drap et crier… Un cliché presque.

Alors tu t’arrêtes, ta langue se fait douce et apaisante.

Me donne moins que ce que je voudrais.

Mais plus que rien du tout.

Et c’est au coussin glissé sous mes fesses que je devine enfin ce que tu as en tête. Je comprends où le sourire d’hier soir allait chercher son mystère. Le matin tu t’obstines à refuser que je te suce ou te branle. Le matin m’appartient, dis-tu, j’y suis la maîtresse et l’esclave, celle qu’il faut combler sans qu’elle ait un seul mot à dire.

C’est toi qui joues de moi.

Tu t’approches et presses doucement le gode sur ma chatte, guidant ma main pour qu’elle lui imprime le rythme lent du plaisir. De ton sexe dressé, dur et impatient contre ma cuisse, tu me caresses… tu te caresses en fait et tu descends… tu joues contre mon cul en me regardant activer le gode en moi. Tu aimes me regarder. Et j’aime que tu m’observes. Tu me pénètres. Le cul, là où c’est serré et tendre, là où chaque millimètre compte. Très doucement. Tu sais comme douleur et plaisir y sont dangereusement liés. Toi. Qui es chaud et doux, tu t’adaptes à ma chair, l’écartèles doucement, me crucifies.

Doublement pénétrée, en ce petit matin, par mes fantasmes devenus tiens.

Je ne sais plus que tes coups de reins et mon cul avide, et ton pouce qui va maintenant tout déclencher. A mesure que les tressaillements s’emparent de mon corps, mes gémissements contenus jusque-là explosent. Je perds le souffle, la mesure, la raison aussi sans doute.

Et ta tendresse, je le sais déjà, laissera sa nacre s’écouler sur mes fesses.

Je sais qu’ici les voisins écoutent.

Les cloisons sont fines et l’oreille aux aguets.

Mais s’ils pouvaient voir…

Chouyo

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