Archives pour la catégorie Louisa K.

Civique escorte

Le conseil du Manuel de civilité vous sera donné à la fin de la nouvelle.

Avant même d’avoir accroché ma plaque au 14e étage d’une tour de La Défense, j’avais déjà compris que, si je voulais vraiment jouer dans la cour des grands un jour, je serais bien obligée de penser à fréquenter les mêmes lieux que mes cibles potentielles. Invitée par le directeur de l’entreprise dont je gérais l’entrée en bourse, je voulais croire que ma présence à ce dîner de charité serait une opportunité unique de serrer des mains que je n’aurais pas l’occasion d’étreindre ailleurs. En me donnant mon carton, Charles m’avait précisé que le Président lui-même viendrait y faire un bref discours de motivation à l’attention des généreux donateurs prêts à défalquer de leurs impôts ce qu’ils offriraient à la recherche scientifique.

Les sempiternels embouteillages du vendredi soir sur le périphérique avaient considérablement retardé notre arrivée. La première entrée venait d’être desservie lorsque nous avons finalement pris place sous le regard désapprobateur de nos compagnons de tablée. Il y avait là un éminent professeur à la retraite et son assistant, tous deux accompagnés de leurs épouses. La discussion tournait bien évidemment autour du discours présidentiel que nous avions manqué, mais aucune trace du grand homme nulle part. Le temps d’arriver au dessert et j’étais assommée d’ennui. Charles, lui, semblait s’être dilué dans la monotonie de la conversation. Je commandais un scotch, puis un deuxième. Mon regard errait sur la salle au-dessus des têtes, s’arrêtant parfois sur les gorilles en faction à chaque porte donnant sur l’extérieur. Celui qui gardait l’accès à la terrasse titillait jusqu’à mes papilles tant il me semblait comestible. Peut-être que, si je le provoquais un peu, j’aurais droit à un plaquage et une fouille en règle ? Peut-être même pourrais-je tâter de son tonfa ?

L’heure était aux cafés, cognacs et commérages mondains. Je n’en pouvais définitivement plus. Je terminai mon dernier Lagavulin et je pris discrètement congé, laissant mon cavalier à son ennui.

Me voici enfin à l’air libre. Il me semble bien avoir aperçu une station de taxis pas très loin en arrivant. Le gravier crisse sous mes semelles. Il n’est pas minuit et je tangue sur mes talons aiguilles en traversant la cour. J’ai besoin de faire pipi. J’aurais quand même pu penser à y aller avant de partir, c’est toujours pareil. Je pourrais faire demi-tour, mais je n’ai aucune envie de tomber sur Charles et j’ai déjà assez de mal à marcher comme ça.

Le chemin d’accès à la propriété est bordé d’un côté par une rangée de tilleuls et de l’autre par des buissons d’ornements et des arbustes épars. L’obscurité et la densité de leur feuillage me semblant suffisantes, j’écarte quelques branches pour me frayer un passage et j’avance. A quelques mètres du chemin, l’obscurité est presque totale. Je m’arrête et patiente jusqu’à ce que ma vue s’ajuste et que je commence à discerner troncs et racines.

Je remonte précautionneusement le bas de ma robe et fais glisser ma culotte sur mes chevilles. Je m’accroupis, tâchant à la fois de garder un semblant d’équilibre et de trouver une position me permettant d’épargner ma lingerie et mes chaussures. Je suis si près du sol que le jet libérateur rebondit sur les brindilles pour éclabousser mes cuisses de gouttelettes tièdes. Un craquement juste derrière moi m’arrête net. “Je vous en prie, Madame, continuez, c’est ravissant !” Je tourne la tête et je distingue une silhouette. L’homme est assis, vaguement adossé à un tas de branchages. “ « Moi aussi je suis venu là pour satisfaire un besoin pressant. Puis j’ai trouvé l’endroit calme et j’ai décidé de m’y reposer un peu. Enfin, je suis surtout tombé en pissant ! Le champagne… Mais continuez, vous êtes délicieuse !”. Pourquoi n’ai-je pas le réflexe de me rajuster ? La situation m’excite et je décide de m’y abandonner. Cette soirée commence à devenir intéressante. Je remonte un peu ma robe et je sens mon urine sourdre à nouveau. Je sens le regard de l’homme sur mon postérieur et l’image se projette dans ma tête. “Votre cul devrait être encadré. Vous êtes splendide.” Bien que légèrement éthylique, le timbre de sa voix vibre étrangement dans mon ventre. Je me cambre et écarte un peu mes fesses en laissant s’écouler les dernières gouttes.

Je remonte ma culotte et m’allume une cigarette. “Vous en voulez une ?” Je m’approche et lui tends le paquet. C’est en approchant la flamme de mon briquet que je le reconnais. “ « Oui, oui, c’est bien moi. Mais ne faites donc pas cette tête ! Nous avons un problème beaucoup plus sérieux, regardez !” Mon regard suit son geste et je vois le tissu du pantalon complètement distendu par une trique me semblant plus que réglementaire.

“Si me voilà ainsi, c’est avant tout de votre responsabilité” reprend-il. “ Et je la connais, lorsqu’elle se réveille, plus moyen d’en faire façon si ce n’est en comblant ses exigences. Vous ne pouvez décemment pas refuser votre aide. La Nation a besoin de vous ! J’en appelle à votre sens du devoir, Madame. Mon sexe ainsi bandé me fait souffrir et me tourmente. Prenez-le dans votre bouche et sucez-moi. Sucez-moi comme un vieil ami, sucez-moi par patriotisme, sucez-moi car ça vous excite, toute nouvelle raison sera pertinente, je vous laisse le choix de la justification, mais sucez-moi, voulez-vous ?”. Je comprends immédiatement toute l’urgence de la situation, mais il me semble indigne d’honorer la bite présidentielle à quatre pattes dans les taillis. “J’imagine qu’on doit vous attendre, non ? Appelez votre chauffeur afin qu’il s’avance sur le chemin et vienne m’aider à vous relever. Une fois dans votre voiture, je serai extrêmement honorée de vous porter secours.”

A peine le temps de rejoindre l’allée que je vois arriver la limousine. Sur le siège passager, je reconnais le garde du corps de la terrasse. De mieux en mieux. Je lui indique la direction à prendre et il réapparaît quelques instants plus tard, soutenant les pas chancelants du grand homme. “Monsieur le Président, vous n’êtes pas raisonnable. Nous vous cherchons partout depuis une heure. Et regardez dans quel état vous êtes ! Il est heureux que Madame ait bien voulu vous porter secours.” Le chauffeur ouvre la portière arrière et me fait signe d’entrer dans ce qui ressemble à un salon miniature. Les deux hommes installent leur patron à mes côtés et le garde du corps prend place sur le siège qui nous fait face. Le chauffeur reprend sa place et nous démarrons, escortés par deux motards apparus comme par miracle à notre suite. “Madame, si vous voulez bien procéder !” Je m’installe à genoux sur la banquette et m’approche pour défaire la boucle de ceinture. Le bouton de la braguette est projeté contre le plafond et la fermeture Éclair s’ouvre d’elle même sur un chibre rubicond. Hors de question de perdre plus de temps, je dépose mes lèvres sur le gland congestionné et l’enduis de salive. Un grognement rauque accueil mon geste. Mes lèvres en collier, je descends doucement le long du sexe. Contre toute attente, je le sens grossir encore dans ma bouche. Quelques aller-retours et je dois déjà reprendre mon souffle. Je tourne la tête et je tombe sur le demi-sourire narquois de l’armoire à glace. “Je suis ravie de vous amuser, mais vous pourriez éventuellement faire preuve de courtoisie et vous rendre utile !” lui dis-je en lui indiquant mon postérieur. Je reprends ma besogne et m’active au rythme que l’auguste main imprime sur ma nuque. Ma robe est posément remontée sur mes reins et mon cul est repositionné pour en faciliter l’accès. Des doigts glissent dans mes replis et mon échine se hérisse de frissons lorsque le plat de la main tapote mon pubis. Ma mâchoire commence à demander grâce et aucun signe ne m’annonce l’issue triomphante de ma besogne appliquée. Il est temps de passer aux choses sérieuses. Gardant son gland dans ma bouche, je collecte un peu de ma cyprine à sa source et en tartine l’index et le majeur de ma main droite. Je les présente à l’entrée de son cul. Il me voit venir et spontanément s’allonge un peu plus pour libérer le champ de cette nouvelle opération. Sa queue dans l’étau de mes joues, j’introduis doucement mes doigts et, dans une parfaite synchronisation, je sens que mon séant est investi par le garde du corps. Ces messieurs gémissent de concert. Les voies du grand homme sont aisément pénétrables, la force de l’habitude, sans doute. Du coin de l’œil, j’aperçois le portail de l’Elysée et j’accélère la cadence. Le coup de rein libérateur de mes deux partenaires est quasi simultané. Le goût unique de la semence présidentielle coule dans ma gorge, et j’entends le chef de l’état ânonner “Avalez tout, Madame, il ne faudrait pas salir vos vêtements, il y a eu des précédents !”.

Le lendemain, un livreur m’apportait une énorme gerbe de fleurs. Sur la carte était écrit : “Merci Madame.” et en signature “La Patrie reconnaissante”.

Louisa K.


Inspiré par :

Si, au cours d’une vadrouille nocturne, vous rencontrez le Président de la République, complètement saoul, tombé dans le ruisseau, faites-le reconduire à l’Elysée avec les honneurs dus à son titre.

Publicités