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Le cadeau

Le plus joli cadeau que puisse faire une petite fille, c’est un pucelage. Comme celui de devant ne peut se donner qu’une fois, donnez cent fois celui de derrière et vous feriez cent politesses.


Une petite annonce dans un gratuit : « Jeune vierge souhaite se dévergonder ».

Devant ce vertige de mots vendeurs, la boîte aux lettres fit une indigestion, d’hommes lubriques souhaitant tester une marchandise inconnue. Elle lisait empourprée, ces propos tantôt suppliants, tantôt hargneux, tantôt doucereux, tantôt impératifs d’hommes doutant d’elle, la désirant in fine. Une boîte de Pandore éclatée ?

Elle ne savait pas si elle aurait le courage d’aller au bout de cette quête. Mais elle était seule depuis trop longtemps. Depuis bien trop longtemps. Pas une main n’avait effleuré son corps, pas une langue n’était partie le long de ses courbes, pas un œil n’avait vu le petit signe de beauté au creux de ses poignées d’amour.

Une anonyme dans une foule de femmes désirées, désirables, aimées et salopées. Et elle se perdait dans les lectures de livres égarés aux Enfers, laissant à son imagination le soin de mettre le feu à ses poudres. Elle ne payait pas de mine. Seuls ses yeux trahissaient ce qui la tourmentait. Mais elle ne les levait pas souvent.

Dans ce flot de missives jouissives, une seule haleta son cœur. Sur une fiche d’étudiant, ces mots : « Je veux te voir nue sur ton lit, à quatre pattes à m’attendre, les fesses écartées. Je vais te défoncer le cul et m’en aller ». Elle ne savait pas pourquoi, mais son corps voulait cet homme.

Pourtant elle était une fille bien. Éduquée chez les bonnes sœurs. Avec des valeurs. Du respect de soi. De la tenue. De la discipline. De la hantise aussi. De la peur. De la crainte. Et un manque infini de liberté. Accepter cette rencontre serait se détruire pour mieux vivre ? Elle essayait de se convaincre parce qu’elles commençaient toutes à lutter à l’intérieur d’elle. La vertueuse, la moralisatrice, l’imprévisible, l’audacieuse. Elle prit son courage à deux mains et les fit toutes taire.

Elle répondit à l’annonce. L’adresse, le code, l’étage, la porte. Une heure et un jour. Et se prépara en son for intérieur à un moment inconcevable. Elle se laissait être une catin. Elle s’oubliait sereinement.

Le jour. L’heure. Une porte s’ouvre. Elle vit dans une chambre, avec le strict nécessaire. Elle est à quatre pattes sur son lit et retourne la tête pour le voir. Un tee-shirt, un jean, des baskets. De grands cheveux et des yeux rieurs. Une main à sa braguette qu’il descend déjà. Il la dévisage. Il observe chaque parcelle de son corps. Un corps qui tremble malgré elle, un cœur qui chamade tout son soûl. Elle voit ses doigts se refermer le long de sa queue, fine et longue. Les doigts descendent le long de son sexe, dans un va-et-vient sans fioritures.

Il monte sur le lit, se met derrière elle, glisse sa queue entre ses lèvres trempées de mouille impatiente. Il ne titille pas son clitoris, son plaisir sera égoïste. Il lui murmure à l’oreille « J’y vais ». Tout en lui tenant ses grosses mamelles, il fourre sa queue dans son cul. Il sent tout son corps se crisper, s’arrête et reprend plus doucement, comme un homme qui comprend qu’il n’aura que cet instant pour être un gentleman.

Elle n’a jamais connu ça. Son corps ne comprend pas ce qui se passe. Il la baise, il la baise et prend son plaisir comme un dératé. Sa queue enserrée dans cet anus qui n’a jamais rien connu d’autre. Une seconde reprend son souffle, égare ses doigts au niveau de sa chatte mais se retient. Il n’est pas un mec bien, il baise les femmes et se casse. Mais celle-là l’émeut, elle a « un je ne sais quoi » d’imperceptible. Peut-être dans son regard, celui qui l’a dévisagé dès qu’il est entré dans cette pièce. Il se reprend.

Une claque sur le cul, une deuxième. Il sent son corps qui se tend, se tend comme quand on goûte à ce plaisir indicible que procure la douleur. Il lui écarte les fesses. Il la pénètre une dernière fois rageusement, sans ambages. Il a déjà mis trop de temps à se vider les couilles. Il lui éjacule dedans. Se retire et regarde son sperme couler le long de ses cuisses tremblantes.

Il prend une seconde pour observer ces lèvres poilues, ce corps inconnu dans lequel il a éprouvé un plaisir nouveau. Il savait qu’il avait été son premier, là en tous cas. Certains tressauts ne mentent pas.

Il remet son caleçon, enfile son fute. Il s’en va sans se retourner mais entend son soupir.

Quiavuchiara

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